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the parisienne
Culture14e arrondissement · 2 min de lecture

Des journées entières dans les arbres

Le fond et la forme .

Portrait de NathalieNathalie · @theparisienne · · mis à jour le
Des journées entières dans les arbres
Des journées entières dans les arbres, de Marguerite Duras, à la Gaité-Montparnasse.

Une soirée au théâtre c'est une expérience culturelle complète, un moment à savourer du début à la fin. Au théâtre de la Gaité-Montparnasse, cette expérience commence de façon plutôt sinistre. Vous arrivez une demi-heure avant le début du spectacle, on vous demande de revenir plus tard. Ensuite, on s'agglutine dans un couloir sombre et étroit. "Corbeille à gauche, orchestre à droite" s'égosille une jeune femme dans la loge à l'entrée. On piétine. Un ouvreur organise un goulot d'étranglement très efficace. On s'approche enfin de la salle. Sur un écriteau, on peut lire quelque chose du genre : "Ne prenez pas de photo sous peine d'expulsion de la salle." Accueillant. A l'intérieur, la moquette est immonde, les fauteuils déglingués, l'atmosphère poussiéreuse. Et la pièce me direz-vous ? Faisons abstraction de cet environnement et goûtons donc au texte de Duras et à l'interprétation de Fanny Ardant. C'est l'essentiel finalement. Oui mais, le manque de moyens n'empêche pas seulement de moderniser la salle, la mise en scène en pâtit aussi. Pratiquement aucun décor, des enchaînements longs entre les scènes avec une musique pas toujours à propos. Bref, c'est "cheap" sur toute la ligne. La pièce quant à elle est déprimante. Une mère tyrannique, mythomane, un peu cinglée, vient revoir "avant de mourir" son fils qu'elle n'a pas vu depuis 5 ans. Lui est un loser, joueur maladif, gigolo, plutôt inculte, qui vit avec une prostituée dans un appartement minuscule. Il n'y a que des victimes dans ce drame. Le fils traumatisé, battu pas sa mère, sacrifié, déscolarisé, qui se noie dans le jeu. La mère, obsédée par l'argent, mais ruinée par son fils. Sans parler de la sœur que l'on ne voit pas mais dont on devine le calvaire. Quelle horreur ! Pas une lueur d'espoir dans ce monde-là. Les colonies lointaines ne sont plus que l'ombre de leur grandeur passée et Paris ressemble à un bouge. A croire que le théâtre a été choisi exprès pour être en accord avec la pièce ! Les acteurs font de leur mieux certes. Fanny Ardant donne du relief à ce personnage de mère cruelle et pathétique, mais elle a du mal à se détacher de son personnage habituel. Elle fait du Fanny Ardant. J'ai juste un doute, je me demande si j'aurais été moins négatif si la moquette avait été propre ...  Rédacteur : C LUI  Pièce de Marguerite DURAS Mise en scène : Thierry KLIFA Avec Fanny ARDANT, Nicolas DUVAUCHELLE, Agathe BONITZER et Jean-Baptiste LAFARGE Théâtre de la Gaîté Montparnasse  26, rue de la Gaîté 75014 Paris Tél. 01 43 20 60 56

5 commentaires

  • Elsaxelle4 mars 2014

    Tentée par la prestation de Fanny Ardant mais à la lecture de ce com... et bien je n'irai pas.

  • The Parisienne5 mars 2014

    ohhhh là, trop de responsabilité! Nous n'avons pas aimé, mais il s'agit de nous ;)

  • Thib5 mars 2014

    De toute façon, Duras, c'est toujours déprimant, non ? .... ;-)

  • The Parisienne5 mars 2014

    évidemment, vu comme ça ;) Mais le côté déprimant du texte était aggravé par le cadre et la prestation un peu faible à notre goût des acteurs ! Bref , la totale quoi ;)

  • Caroline - ParisianShoeGals6 mars 2014

    Je crois que je vais tout de même tenter l'aventure. J'aime tellement Mademoiselle Ardant. Mais je n'en attendrai pas trop :)