Galerie Roger-Viollet – documenter le monde

La galerie Roger-Viollet est bien plus qu’une galerie. C’est avant tout un fonds d’archives photographiques d’une richesse unique. Mais c’est également une histoire familiale, si riche et à la fin si tragique !

 

Galerie Roger-Viollet – une histoire photographique

L’agence Roger-Viollet existe depuis 1938. Tout commence par une histoire de famille, entre un père et sa fille. Henri Roger est chimiste, passionné de photographie, inventeur de divers procédés photographiques tels que la bi-location et la tri-location (superposition d’images) . En 1887 et 1900 il couvre les expositions universelles. Mais lorsqu’il décide de monter une exposition basée sur ses tirages, il constate qu’il ne dispose pas d’images des pavillons allemands. Le nationaliste qu’il est avait délibérément omis d’immortaliser ces installations.
Roger-Viollet - archives expositions universelles

Roger-Viollet – archives expositions universelles

 Hélène et lui partent donc en quête de clichés et tombent sur cette petite boutique parisienne qui en vend justement aux particuliers et en particulier aux étudiants des Beaux-Arts. Hélène qui se destinait à une carrière de journaliste décide alors de créer son agence. Elle rachète cette boutique qui devient l’adresse parisienne de l’agence Roger-Viollet. Sa vocation est et restera celle de documenter le monde et de vendre les droits des images. Elle et son mari Jean Fischer voyageront pour photographier ce qui manque à leurs archives. Mais sa force est avant tout d’avoir acheté de multiples fonds de studios, de photographes indépendants ou encore d’entreprises spécialisées en cartes postales ou photos de spectacles.  Une de leur plus belles acquisition qui est venue s’ajouter aux 6M d’images déjà en stock : le fonds du quotidien France-Soir.
La fin des protagonistes de cette aventure de documentation unique est tragique. Jean Fischer assassine sa femme Hélène alors qu’elle a 84 ans. Il prétend d’abord qu’il s’agit d’un suicide mais est rapidement inculpé et incarcéré.
Le fonds complet est alors légué à la ville de Paris.

Galerie Roger-Viollet – aujourd’hui

Après les difficultés classiques liées à un héritage, la Ville de Paris fini par récupérer le fonds . En 2019 elle décide de privatiser la partie commerciale ainsi que l’exploitation du fonds. Le projet vainqueur propose une valorisation financière mais aussi patrimoniale, incluant l’ouverture d’une galerie permettant de partager les merveilles dont elle dispose  avec le grand public.

C’est ainsi que les locaux qui n’abritaient que des bureaux et n’avaient jamais été ouverts aux visiteurs ont été modifiés pour permettre l’accueil des passionnés de photographie. Des expositions temporaires y seront également organisées.

Alors comment ça marche ?
Des centaines de boites contenant des milliers de clichés sont alignés sur les rayonnages, à portée de main. Vous avez une passion , un sujet de prédilection ? Identifiez la boite, et vous pourrez alors accéder à toutes les photos disponibles à l’intérieur. Attention, c’est addictif !
J’ai craqué pour une des multiples archives étiquettées « Notre-Dame« , et je n’ai pas été déçue !
On peut admirer, mais aussi s’offrir un tirage. Parce que l’agence a déjà numérisé plus d’un million de ses images,  le tirage sur place est même possible. Vous identifiez la photo, elle est imprimée (A4, A3 ou A2 sur place) et vous repartez avec ! Il y a tant d’images que c’est la garantie d’avoir un cliché quasi unique, un pan d’histoire rien que pour soi. Une merveilleuse idée de cadeau également. 
Pour exemple, un tirage A4 vaut 130€ ou 160€ encadré et concernant les photos de l’exposition en cours, pour un tirage 30×30 le prix est de 230€ ou 260€ encadré .

Galerie Roger-Viollet – les voyages d’Hélène

Aujourd’hui est présentée la première exposition photos de la fondatrice de la galerie. Hélène et son mari photographiaient. Pourtant, ils ne revendiquaient aucune notion artistique. Pour eux, la photographie participait avant tout à un travail documentaire.
Ils font tous les deux le choix du Rolleiflex, estimant que ses tirages carrés sont de meilleure qualité, en particulier pour leurs clients potentiels.
Dans les photos d’Hélène, on perçoit une humanité, une empathie avec son sujet. Bien que les images ne soient pas signées, sur certains négatifs un »h » permet de les identifier.
La galerie expose donc ici certains de ses clichés pris à travers le monde dans lesquels on perçoit indéniablement des références à certains grands photographes humanistes de l’époque.
Exposition « les voyages d’Hélène » jusqu’au 30 avril 2021
Galerie Roger-Viollet 6 rue de Seine 75006 Paris
du mardi au samedi de 11h00 à 17h30 (horaires couvre-feu)

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