Gabrielle Chanel – manifeste de mode

S’il est un lieu adapté pour accueillir la première rétrospective CHANEL en France, c’est bien sur celui-là : le Palais Galliera. C’est donc à l’occasion de sa réouverture après des travaux d’extension que le musée de la mode présente l’exposition « Gabrielle Chanel – manifeste de mode »

 

Gabrielle Chanel dite Coco – ombres et lumière

CHANEL est connue mondialement comme la marque icônique du chic absolu. Pourtant, on connait peu le parcours hors norme de sa fondatrice, Gabrielle Chanel, jeune orpheline devenue la créatrice de mode la plus en vue à Paris au début du XXème siècle. Comme si l’on avait voulu effacer toutes ses zones d’ombre, par crainte de ternir son image. L’exposition met en lumière le talent infini de cette femme qui a révolutionné les codes vestimentaires de la femme dès la 1ère guerre mondiale. Il me semble que c’est une occasion parfaite pour en apprendre plus sur la femme qui se cache derrière l’icône de la mode. J’ai donc creusé ce que je savais déjà en bribes. Et voici donc en quelques dates la vie de Gabrielle Chanel.

Dates clé

19 août 1983 : naissance de Gabrielle Chanel. elle perd très vite sa mère, ne connait pas son père et grandit dans un orphelinat (ou chez deux tantes)à Thiers. Aucune des deux versions n’a été démontrée à ce jour. Mais c’est à cette époque qu’elle apprend la couture.

1907-1908 : elle fait la rencontre d’officiers dans les cafés concerts où elle chante « Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro ?« . C’est là qu’elle héritera du surnom COCO qui ne la quittera plus

1909 – elle devient la maitresse de Boy Capel , un jeune riche officier anglais, et le suit à Paris. C’est là qu’elle commence à exercer ses talents de modiste. en 1910, avec l’aide de Capel, elle ouvre l’adresse désormais célèbre : le fameux 21 Rue Cambon

1912 : Boy Capel l’aide à ouvrir sa première boutique à Deauville où ils séjournent l’été. Elle commence par y vendre ses fameux chapeaux puis enrichit sa gamme de vestes et de jupes. Elle donne naissance aux premières tenues en jersey, une révolution pour l’époque.

Entre les deux guerres Gabrielle Chanel développe son empire.

1921 – naissance du parfum Après avoir testé 5 échantillons elle choisit celui qui deviendra sa marque de fabrique : Chanel N°5 . Pour le produire, elle s’associe avec Pierre Wertheimer qui possède, avec son frère, la maison Bourgeois

1924 – ouverture du premier atelier de bijoux fantaisie

1926 – c’est l’avènement de sa petite robe noire qui reprend les codes de la mode garçonne : forme droite et sans col qui efface les formes féminines.

1932 – première collection de haute joaillerie

La seconde guerre mondiale – années troubles

1939 – alors qu’elle emploie 4000 ouvrières, elle est en conflit avec son personnel. Elle décide de licencier et de fermer.

Elle se lance alors dans des relations controversées, dans des cercles ouvertement antisémites. Alors qu’elle ne détient que 10% de l’entreprise, elle tente par ailleurs de spolier Pierre Wertheimer de ses parts (majoritaires) des parfums CHANEL

1941 – Elle en demande la propriété aux autorités allemandes, prétextant du départ de la famille Wertheimer pour les Etats-Unis. Elle ne parviendra pas à ses fins, les Wertheimer ayant confié le contrôle des parfums à un ami non juif qui leur rendra après la guerre

1941 – 1944 elle vit toujours au Ritz, pourtant devenu le quartier général de la Luftwaffe. Elle y entretient une relation amoureuse avec un attaché d’ambassade allemand soupçonné de travailler pour favoriser la collaboration. On pense même qu’elle est alors recrutée comme agent allemand.

1944 – Elle s’exile en Suisse après avoir été interrogée par les FFI (forces française de l’intérieur) mais elle relachée. On soupçonne un appui haut placé, et par ailleurs les preuves connues aujourd’hui n’étainet alors pas à la disposition des autorités. Elle demeurera 10 ans en Suisse.

Après l’exil

1954 – son retour marque la renaissance de ses collections et les nouveaux codes qu’elle inscrit dans la durée. C’est à cette époque que naissent le célèbre tailleur en tweed, ainsi que le 2.55, sac à main en cuir matelassé devenu pièce icônique. Elle renoue alors avec le succès.

Années 60 – alors que la mode évolue et que les jupes se raccourcissent , elle reste figée sur les lignes traditionnelles de son tailleur emblématique

1971 – décès de Gabrielle Chanel.

Gabrielle Chanel – parcours chronologique

La première partie de l’exposition est construite de façon chronologique. On y suit le parcours de Chanel,  de  simple modiste à révolutionnaire de la mode, de Paris à Deauville en passant par Biarritz.

On perçoit immédiatement la signature Chanel : un chic simple, qui emprunte des codes à la tenue masculine et dédouane la femme de la rigidité des vêtements d’alors.

Elle les remplace par des matières fluides, sensuelles, féminines et agréables à porter.

On passe des petites robes noires et modèles sport des Années folles jusqu’aux robes sophistiquées des années 30.

En passant bien sur, une salle est dédiée au N° 5. C’est la voix de Marylin Monroe qui en est le fond sonore.

L’allure, toujours et avant tout, avec des lignes sobres, un luxe presque austère. En matière de couleurs, les tenues sont monochromes, souvent dans des teintes discrètes d’écru ou de noir. Cependant des rouges profonds ainsi que des bleus nuit viennent égayer la palette.

On oscille parfois également entre mesure et excès

Mais c’est la modernité qui l’emporte.

Gabrielle CHANEL - la modernité

Gabrielle CHANEL – la modernité

Manifeste de mode – les codes CHANEL

La seconde partie de l’exposition elle, invite à décrypter les codes vestimentaires CHANEL.

Le tailleur en tweed gansé est à l’honneur dès la première salle.  Un espace est dédié aux les publications presse de l’époque le concernant.

Vient ensuite le prototype de l’escarpin bicolore.

Le célébrissime sac matelassé 2.55 trône en bonne place.

Chanel accordait une place majeure à l’accessoire, et les vitrines qui  contiennent ses bijoux fantaisie et de haute joaillerie en sont la démonstration.

Et le coup de grâce se situe dans ce couloir qui présente toutes les tenues les plus mythiques de la créatrice.

Sans oublier la salle qui semble aller jusqu’à l’infini grâce à un subtil jeux de miroirs et une pénombre voulue, et où trônent des robes majestueusement belles.

Rendez-vous donc dès le 1er octobre au Palais Galliera.

Gabrielle Chanel – Manifeste de mode du 1er octobre 2020 au 14 mars 2021
Palais Galliera 10, Avenue Pierre Ier de Serbie 75116 Paris
Tél : 01 56 52 86 00

Après l’expo, on mange où ?

Je vous propose deux options. Si vous souhaitez déjeuner simplement dans un bistrot à la carte classique, je vous recommande WAKNINE, juste en face du musée.

Un des avantages est que vous pourrez vous y rendre à toute heure, pour vous restaurer, prendre un verre voire même une pâtisserie.

Deuxième possibilité, si vous avez envie de prolonger la visite par une soirée avec vue, le restaurant Girafe vous attend au Trocadéro à quelques pas de là. Spécialité poissons et crustacés, et surtout, vue imprenable su la dame de fer !

Et c’est sans oublier l’essentiel : ce qu’on trouve dans l’assiette !

Restaurant Girafe 1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75016 Paris

Vous aimerez aussi...

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Champs requis *

Vous pouvez utiliser les balises HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>